Grossesses
Bonjour
- J'accompagne mon mari, parce que la situation est intimidante pour lui, puisqu'il ne se serait bien passé d'en arriver là.
Il était chargé d'assurer notre descendance et il n'y ait jamais parvenu. Alors, vous savez comment c'est dans nos familles, le couperet tombe.
Puisqu'il n'a pas été capable de procréer, la famille nous a imposé qu'il puisse se faire pardonner en étant farci.
- Vous êtes en de bonnes mains, les miennes, et elles ont farci des bêtes. Alors, un homme !
- Oui, nous nous adressons à vous en raison de votre réputation, mais là il s'agirait de farcir Monsieur vivant, après quelques lavements, pour qu'il comprenne bien qu'il est puni de son impuissance à procréer, et qu'il se rende compte de ce que c'est un ventre replet.
- C'est totalement possible. Nous avons des douilles de qualité professionnelle et des douilles à farcir pour pénétrer plus en profondeur. On vous écartera d'abord l'anus, Monsieur, puis, on introduira la farce dans la totalité de vos intestins. Vous serez vous-mêmes surpris du volume que vous atteindrez au moment où on fermera et coudra votre anus pour que rien n'en sorte.
- Mais, dîtes-moi, tous les deux. Si je peux me permettre, Monsieur sera tué à quel moment ?
- Justement, c'est aussi pour cela que nous nous adressons à vous, en famille, en quelque sorte. Votre femme est neurochirurgienne . Notre famille a imaginé que si mon mari subissait une lobotomie avant d'être fourré, la douleur le laisserait sans réaction, assez indifférent. C'est, sans doute, ce que l'on pourrait obtenir de plus performant si Monsieur commence à cuire au four, régulièrement arrosé de sauce, en restant conscient le plus longtemps possible.
- Ma femme acceptera. Pour elle, une famille n'en est pas une si elle n'est pas nombreuse et elle appréciera de participer à la sanction. Si votre famille y met le prix, bien sûr, même si elle ne risque pas de mettre son assurance en jeu parce que le patient ne risquera pas de se plaindre à la fin de l'opération.
La préparation est longue, l'opération délicate et elle voudra voir comment Monsieur réagit vraiment à la chaleur. Une opération avec cette ambition est possiblement une première mondiale.
- Vous vous sentez prête à la subir, Monsieur, même dans le cadre d'une cuisson à la demande d'un tiers, surtout que ce tiers pense que votre défaillance est une entorse grave à la relation de couple ?
- Croyez-moi, c'est le jugement le plus clément auquel la famille ait consenti et elle prévoit bien pire si je ne m'exécute pas.
- Alors, il nous reste plus qu'à décider du moment avec ma fille et moi, et de la farce. Personnellement, je vous propose celle que j'utilise quand je cuisine un chapon
300 g de poitrine fumée,
400 g de veau
Du persil haché
3 oignon
6 clous de girofle
3 échalotes
3 gousses d’ail
600 g de marrons sous vide au au naturel
225 g de pain de mie rassis
3 œufs
300 ml de lait
3 pincée de sel
3 pincée de poivre
Je rajoute du marron, sel, poivre et beurre pour la garniture. De l'eau au fond du plat et Monsieur pourra tester sa résistance à la cuisson. 210 degrés, chaleur tournante, au moins 3 heures de cuisson, le challenge est de taille pour établir le premier record mondial de résistance.
J'espère que tout le monde dans la famille acceptera de le faire homologuer pour susciter des vocations. Il y aura toujours quelqu'un pour tenter de battre ce record. Vous, peut-être un jour, Madame ?
- Justement, ma famille s'est un peu emballée et met toute la responsabilité sur mon mari, mais personne ne s'est assuré que je ne sois pas stérile.
Le procès, avec mon mari comme seul accusé, nous a excédé. Hors de question que j'en subisse un second.
Si je suis venue, c'est aussi pour voir si vous ne pourriez m'offrir un sort semblable à celui de mon mari. Comme mon utérus n'a jamais porté l'enfant héritier de la famille, mon mari et moi voulions vous demander si vous accepteriez aussi de farcir mon utérus en compensation. Il faudrait aussi que votre femme me consacre un temps suffisant pour une lobotomie préalable ?
- Et vous cuirez dans le même plat, le même four et la même farce?
- En nous tenant la main pour lâcher prise le plus tard possible. Nous, bébé ou pas, nous aurions pu vivre sans. Nous nous aimons.
Alors, peu importe la forme de notre grossesse, pourvu qu'ils aient l'ivresse.